Le plan «suicidaire» de Kadhadi en cas de prise de Tripoli

Le régime du colonel Mouammar Kadhafi a un plan «suicidaire» consistant à faire sauter la capitale Tripoli en cas d’attaque des forces rebelles, affirme jeudi l’émissaire du Kremlin pour ce conflit, Mikhaïl Marguelov, dans un entretien publié par le quotidien Izvestia.

«Le Premier ministre libyen m’a dit à Tripoli : “Si les rebelles prennent la ville, nous la couvrirons de missiles et la ferons sauter», explique dans cet entretien M. Marguelov, un arabophone qui s’est rendu en Libye le mois dernier.

«Je pense que le régime de Kadhafi a bien un plan suicidaire de ce genre», ajoute-t-il.

L’émissaire du Kremlin met par ailleurs en doute l’hypothèse selon laquelle le régime libyen serait à court de munitions.

«Kadhafi n’a pas utilisé un seul missile sol-sol, et il en a beaucoup. Cela incite à douter qu’il manque d’armes. Théoriquement, Tripoli peut manquer de munitions pour les tanks et les armes légères, mais le colonel a des missiles et des explosifs en quantité», explique encore M. Marguelov.

M. Marguelov, représentant du président russe pour l’Afrique, avait effectué le 16 juin un voyage à Tripoli lors duquel il avait rencontré divers membres de la direction libyenne, dont le chef du gouvernement Baghdadi Mahmoudi, mais pas Mouammar Kadhafi. Il s’était précédemment rendu à Benghazi, le fief des rebelles dans l’est de la Libye, dans le cadre d’une tentative de médiation de la Russie.

Invitation déclinée

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Sur le sujet : Libye : Kadhafi a payé 3.5 millions de dollars pour des mercenaires

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LIEN : Le plan «suicidaire» de Kadhadi en cas de prise de Tripoli

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Libye : Kadhafi a payé 3,5 millions de dollars pour des mercenaires

Article du Telegraph du 20 avril 2011, pour mémoire
Le régime de Mouammar Kadhafi a dépensé 3,5 millions de dollars pour embaucher des centaines de mercenaires venus d’Afrique du Nord pour aider à vaincre les rebelles anti-gouvernementaux, selon de hauts responsables de l’Otan.

Libye: Kadhafi Col 'a passé 2.1m £ sur les mercenaires »

Mercenaires présumés assis à l’intérieur d’une prison à Benghazi Photo: Reuters

Les détails d’un accord pour 450 combattants de la région du Sahara occidental ont été transmis aux responsables de l’Otan par un ancien loyaliste à Kadhafi impliqué dans des négociations et ayant défection pour rejoindre les rebelles.

Selon le transfuge, dont le nom n’est pas cité, les mercenaires ont été payés 10 000 $ chacun pour se battre pour le colonel Kadhafi pendant deux mois. L’accord avec les mercenaires a été organisé le mois après que de graves manifestations anti-gouvernementales aient menacé de renverser le régime.

La majorité des combattants appartiendrait à la tribu sahraouie basés dans le Sahara occidental déjà engagée, par le passé, dans une guerre d’indépendance contre le Maroc avec des membres du Front Polisario.

Les officiers du dictateur ont également recruté des dizaines de combattants de mouvements rebelles au Niger et au Mali qui ont des liens étroits avec le régime de Kadhafi.

Auparavant, les agents de l’Otan ont reçu des rapports indiquant que le Colonel Kadhafi s’est largement appuyé sur des mercenaires étrangers pour défendre son régime mais les documents récents produits par des transfuges démontrent qu’il est toujours très actif dans le recrutement de combattants.

« Kadhafi utilise tous ses contacts dans la région pour faire venir plus de mercenaires en Libye pour défendre son régime » a déclaré un officier supérieur de l’Otan.

Colonel Kadhafi est également soupçonné d’avoir recruté des mercenaires en provenance du Tchad, la République démocratique du Congo, du Soudan et peut-être même en Asie et en Europe de l’Est.

Les groupes d’opposition ont accusé les mercenaires d’être responsable de certains des pires excès commis par le régime, y compris les assassiner des femmes et des enfants.

* Dr Sidi Omar M., Ambassadeur de la République sahraouie (RASD) à l’Éthiopie et l’Union africaine, répond comme suit:

L’article prétend que les membres du Front POLISARIO ont été impliqués dans le conflit en cours en Libye. Nous démentons catégoriquement ces allégations sans fondement, contestons toutes les parties qui propagent ce genre d’accusation absurdes et demandons d’apporter tout élément de preuve en leur possession pour prouver leurs allégations. Inutile de dire que ces allégations infondées émanant de fractions qui ont intérêt à discréditer notre mouvement de libération.

Le Front Polisario est un mouvement de libération reconnu internationalement dont le seul but est de libérer le Sahara Occidental de l’occupation illégale du Maroc et de permettre au peuple sahraoui d’exercer leur droit internationalement reconnu à l’autodétermination et l’indépendance. Par ailleurs, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est un membre à part entière et un des fondateur de l’Union africaine. Sa position sur le conflit en cours en Libye suit la même politique de l’Union Africaine ; elle a donc publiquement réaffirmé son ferme attachement au respect de l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye ainsi que son soutien total aux efforts intenses déployés par l’UA du Comité ad hoc sur la Libye.

Source The Telegraph

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Le blog d’Aliciabx: les posts les plus vus du 27/06 au 03/07/2011

Quand France 2 offre une tribune à Aïcha Kadhafi (vidéo)

 

A lire sur Agoravox

Capture d’écran 

Qui n’a pas eu ou failli avoir la larme à l’oeil en voyant cette interview du 30 juin du JT de France 2 « prévu depuis plusieurs jours et fixé à la dernière minute » ?

Quels parents ou grands-parents n’auraient-ils pas été émus par cette interview ? Quels sont ceux qui ne seraient pas remplis de compassion pour tous les Libyens qui meurent chaque jour et de chaque côté des positions ?

 Dictateur au pouvoir depuis quarante-deux ans et spécialiste de la propagande, Kadhafi , lorsqu’il est en difficulté, met en scène sa fille comme le 14 avril dernier, essayant de toucher les fibres féministes ou de la gent masculine soucieuse des droits des femmes.

Dans un précédent article, je rappelais le curriculum vitae de la fille unique de Kadhafi :

« Aïcha Kadhafi est avocate, elle défend son frère Hannibal en Suisse accusé d’avoir maltraité des domestiques, le même homme qui n’hésitait pas à rouler, éméché, sur les Champs-Elysées en contresens de la circulation dans sa magnifique Porsche, à 2 heures du matin. Une bagarre s’en était suivie, un policier avait été blessé, le fils Kadhafi s’était réfugié à l’ambassade et pour repartir pour Tripoli. C’était en septembre 2004. Un an plus tard, il était condamné à Paris pour avoir battu sa compagne enceinte. »

« Aïcha Kadhafi est aussi celle qui a fait partie des avocats de Saddam Hussein, entre autres clients ; elle est donc habituée à défendre l’indéfendable. »

L’avocate a su user et abuser de cette tribune offerte par France 2 afin de « toucher le coeur des Français ». Pourquoi pas celui des autres peuples impliqués dans la coalition ?

Au tout début du reportage, elle mentionne la mort de son enfant et de son frère -dont elle parle avec beaucoup de détachement- ainsi que la mort de Libyens dont Kadhafi est bien responsable – rappelons-le- puisqu’il a ouvert les hostilités en demandant à sa police de tirer sur les manifestants en février 2011.

Le nombre des victimes fait débat :

Le 22 février, le bilan était de trois cents morts

Il est, donc, pour le moment, impossible de connaître le nombre exact de morts suite à ces manifestations de la première heure mais ils sont bien réels et c’est bien le clan Kadhafi qui avait pris l’initiative de « tuer » ces révoltes dans l’oeuf.

Dans le reportage, lorsque la journaliste demande à Aïcha Kadhafi si, au bout de quarante-deux ans, il ne serait pas temps à son père de céder la place, elle répond :

« Ces mots de départ départ … ce que je trouve étrange, c’est où vous voulez qu’il parte ? C’est son pays, sa terre, son peuple “

“Où irait-i l? Il y a quelque chose que vous ne comprenez pas et que vous ne comprendrez jamais. Mon père est un symbole, un guide. »

Le discours propagandiste est toujours le même, à l’image de celui du clan Kadhafi, hormis peut-être un vrai scoop :

« Il y a des négociations directes et indirectes et nous devrions cesser de laisser le sang libyen et , pour, cela nous sommes prêts à nous allier avec le diable et c’est la rébellion armée» qu’elle n’oublie de citer comme des membres d’Al Qaïda.

 En revanche, Aïcha Kadhafi sait verser quelques larmes lorsqu’elle parle de son attachement à la France, de son incompréhension de voir des soldats français bombarder la Libye.

Cette dame doit aussi sûrement déplorer de ne plus pouvoir faire ses achats Place Vendôme à Paris où la famille dispose de bien immobiliers censés être gelés…

Elle joue même sur la corde du désaveu, de l’hostilité, voire de la haine qu’ont certains de nos compatriotes envers Nicolas Sarkozy qui se servirait de la Libye pour la prochaine élection présidentielle.

« J’envoie un message aux mères et aux épouses des pilotes qui nous bombardent. Vos maris ne sont pas là pour protéger les civils, ils tuent mon peuple et nos enfants. Et tout cela pourquoi faire ? Pour satisfaire Sarkozy qui croit que, plus il tue de Libyens, plus il gagne de voix aux élections. »

Les Français en sont conscients mais ils n’oublient pas les méfaits de la famille Kadhafi…

Pourquoi ce message ne s’adresse-t-il qu’aux soldats français ?

 Voir la vidéo de l’interview de Aïcha Kadhafi sur Youtube (à noter que France 2 diffuse rarement ses vidéos sur un site d’hébergement,la chaîne préfère le Pluzz

(à noter que France 2 diffuse rarement ses vidéos sur un site d’hébergement, la chaîne préfère le Pluzz

La belle plaidoirie larmoyante de cette avocate -aussi jolie soit-elle- atteste de son soutien sans faille à son dictateur de père avec lequel elle partage la manne financière du pétrole dont les insurgés revendiquent leur part légitime après 42 ans de privations avec un salaire moyen de 2 dollars par jour.

Aïcha Kadhafi (achètera) se paiera même des avocats français (encore) pour « attaquer l’OTAN pour crimes de guerre » et « dit n’accorder aucun crédit au mandat d’arrêt international lancé contre son père et son frère ». Ce qui laisse penser que la famille se sent protégée à un niveau international ; par qui ?


La charge contre Nicolas Sarkozy -qui n’est pas mon président préféré, loin de là- alors qu’il n’est pas le seul à prendre des décisions sur l’avenir de la Libye, me fait m’interroger sur l’existence des réseaux français de connivence avec le clan Kadhafi que j’avais déjà pressentis dont la haine ou la convoitise d’une fonction a fait perdre tout discernement.


En tous cas, on ne sait pas très bien ce qu’a voulu nous « vendre » France 2 si ce n’est qu’une séquence « émotion » appelant à la compassion… des Français pour qu’ils infléchissent la position de leur président… qui ne les écoute jamais non plus ? Pour inciter un peu plus à la haine envers ce président ?

Pour inciter les Français au débat ? Ils débattent depuis le début des révoltes, le 17 février.

Pour diviser un peu plus les Français à l’image de ce qui existe en Libye ? …

Selon moi, cette interview n’était que le relais que d’une pure propagande. Il ne m’est même plus surprenant qu’un média tel France 2 s’en fasse l’écho. Reste à savoir quels bénéfices la chaîne en a tirés, tant au point de vue audience que financier.

Pour qu’une paix réelle s’installe en Libye, si, cette fois, on envisageait sérieusement de scinder ce pays ?

A lire : L’hypothèse d’une partition
Léna Fulfen

A lire sur Agoravox

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LIEN : Quand France 2 offre une tribune à Aïcha Kadhafi (vidéo)

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Kadhafi lâché, au téléphone, par son «frère» sénégalais

Mouammar Kadhafi et Abdoulaye Wade en 2009.
Mouammar Kadhafi et Abdoulaye Wade en 2009. Crédits photo : © STR New / Reuters/REUTERS

DOCUMENT – Le Sénégal est, après la Gambie, le premier pays africain à reconnaître la légitimité des rebelles libyens.

«La seule solution pour arrêter les combats et les violences est que Kadhafi parte» : samedi, au lendemain duG 8 de Deauville, auquel il participait, Abdoulaye Wade a affiché son choix, reconnaissant le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen. Une position en décalage avec nombre de capitales d’Afrique qui comptent encore avec Mouammar Kadhafi.Tandis que l’Union africaine (UA) avance sur un fil, relançant une médiation délicate pour tenter de rapprocher les protagonistes libyens, le président sénégalais, lui, met les pieds dans le plat. En reconnaissant, la semaine dernière, la légitimité des rebelles, le Sénégal est le premier pays africain à franchir le pas, après la Gambie. Lire la suite sur lefigaro.fr

Sur le sujet : Libye: La « feuille de route » de l’Union africaine  du 26 mars 2011

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LIEN : Kadhafi lâché, au téléphone, par son «frère» sénégalais

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Les produits de la Société générale, placement choyé du régime Kadhafi

Mouammar Kadhafi dans la cour du palais de l’Elysée, le 10 décembre 2007.AP/Francois Mori

Londres Correspondant – Les produits financiers complexes de la Société générale ont constitué l’un des placements favoris du régime du colonel Kadhafi qui a confié 1,8 milliard de dollars (1,27 milliard d’euros) de la rente pétrolière à l’établissement français par le truchement de la Libyan Investment Authority (LIA), le fonds souverain libyen. Si la Société générale a agi en toute légalité en vendant ces produits structurés, en revanche, après l’imposition de sanctions internationales au régime libyen début 2011, la banque française s’est bien gardée de reconnaître publiquement l’existence de ces placements opaques lui offrant des marges importantes.

A lire la présentation des actifs de la Libyan Investment Authority datée du 30 juin 2010 dont Le Monde s’est procuré une copie (voir le document en bas d’article), la LIA possède dans son portefeuille des investissements, aujourd’hui gelés, dans trois fonds de la Société générale, (Soc Gen Europe Medium, Soc Gen Strategic Equity Fund Codeis, Soc Gen – Cross Roads 5Y Link Notes). Selon ce document réalisé par le commissaire aux comptes de KPMG, il s’agit de produits structurés — une combinaison complexe d’options, de swaps et d’autres composants — conçus par la banque pour permettre à ses clients de diversifier leur portefeuille.

La suite sur le site lemonde.fr

Sur le sujet : Libye : La guerre vue des bidonvilles du pays

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LIEN : Les produits de la Société générale, placement choyé du régime Kadhafi

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Libye : La guerre vue des bidonvilles du pays

Ce pays est l’un des plus riches en pétrole au monde. Malgré les énormes rentes de l’or vert, il regorge de bidonvilles sans eau ni électricité. L’envoyée spéciale du Quotidien de Tunis a parcouru ces ghettos.

Un homme dans une rue de Benghazi, le 26 avril 2011 (Marwan Naamani).

Cité Ezzogm est l’un des quartiers à construction anarchique de Tobrouk (ville aux mains des insurgés près de la fontière égyptienne). Ni eau courante, ni école, ni mosquée… Ses habitants n’en peuvent plus de rapporter des citernes d’eau et de faire des kilomètres pour accompagner leurs gosses à l’école… Et cela dure depuis trente-sept ans, date à laquelle cette cité a germé tel un champignon, en plein centre de Tobrouk, en raison de la pauvreté. Najeh Chérif habite ce quartier oublié, comme tant d’autres, par le régime libyen. Institutrice de son état, elle appartient à une famille de 23 membres et, avec son salaire de 300 dinars, elle aide à subvenir aux besoins de la fratrie, dont la plupart sont chômeurs.

La suite sur le site courrierinternational.com

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LIEN : Libye : La guerre vue des bidonvilles du pays

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Libye : Les enfants-soldats de Kadhafi

Un garçon de 16 ans raconte à la journaliste Ruth Sherlock comment des fidèles à Kadhafi l’ont forcé lui et d’autres jeunes à combattre les insurgés sur la ligne de front du siège de Misrata.

Murad, âgé de 16 ans, plaisante avec ses médecins dans son fauteuil roulant sur-dimensionné. Le visage lisse, les yeux écarquillés avec un grand sourire innocent, il parle de football, d’ordinateurs et rougit à l’évocation des filles.

Murad est encore trop jeune pour se raser mais jusqu’à la semaine dernière il manipulait des armes les plus meurtrières dans cette guerre civile brutale en Libye ; jusqu’à ce qu’il soit blessé et capturé par l’opposition. Pourtant, Murad était peu disposé à être un soldat de l’armée de Kadhafi.

Aujourd’hui, le bras dans le plâtre, la jambe amputée, un drap de lit blanc drapé sur son corps, des bandages couvrent des plaies sanglantes.

Murad est un de ces soldats-enfants employés par l’« armée » du Colonel Kadhafi dans la bataille pour regagner la ville assiégée de Misrata.

Des troupes gouvernementales capturées par les insurgés disent que des jeunes écoliers de 15 ans sont enrôlés sur la ligne de front.

Channel4 News

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Lettre ouverte à Saif al-Islam Kadhafi par Alaa al-Ameri

A lire sur C4News

Tripoli promet des élections d’ici six mois par la voix du ministre des affaires étrangères libyen, Abdoul Ati Al-Obeidi, en échange d’un arrêt des bombardements alliés. ” Saïf Al-Islam a indiqué au cours d’une émission télévisée sur sa chaîne, Allibya, qu’il était “très optimiste” et que le régime allait l’emporter face à l’insurrection qui secoue le pays depuis plus de deux mois. “La situation évolue chaque jour en notre faveur”, a-t-il lancé.”

La photo, choisie par le journal “Le Monde”, aurait-elle vocation à influencer l’opinion afin de rendre plus sympathique le fils du dictateur ? Pas sûr, elle inquiète même, surtout lorsque l’on sait quels drames se jouent dans ce pays.

Voici un commentaire que j’ai laissé sur un article de C4News et qui vaut pour tous ceux qui serainent tentés de se réjouir :

“Franchement, c’est du n’importe quoi. Le type a déjà tué 10 000 personnes et vous vous réjouissez qu’il fasses des élections. Excusez-moi mais, ça ne tourne pas vraiment rond chez vous. Le pire, c’est qu’il y en a sur internet qui font comme vous, ils applaudissent un être sanguinaire. Je ne marcherai JAMAIS dans votre truc, ce serait me rendre complice d’un massacre. J’espère que vous dormez bien la nuit. Remarquez, vous devez être comme des millions de Français sous antidépresseurs et voilà ce que cela donne”. La moutarde commence sérieusement à me monter au nez,  comme vous avez pu le constater…

Pour mémoire :

Kadhafi continue d’utiliser les ficelles (ou utilise ses dernières cartouches médiatiques) qu’il a encore en sa possession, la dernière en date, l’intervention de sa fille Aisha, le 14 avril, qui aurait pu émouvoir la communauté internationale, une fin en soi.

Le dictateur sait à quel point les alliés de la coalition sont sensibles au bien-être de la gente féminine ; aussi jolie soit-elle, cela ne suffit pas, elle demeure la fille d’un dictateur avec lequel elle partage la manne financière du pétrole dont les insurgés revendiquent leur part légitime après 42 ans de privations.

Aïcha Kadhafi est avocate, elle défend son frère Hannibal en Suisse accusé d’avoir maltraité des domestiques, le même homme qui n’hésitait pas à rouler, éméché, sur les Champs-Elysées en contresens de la circulation dans sa magnifique Porsche, à 2 heures du matin. Une bagarre s’en était suivie, un policier avait été blessé, le fils Kadhafi s’était réfugié à l’ambassade et pour repartir pour Tripoli. C’était en septembre 2004. Un an plus tard, il était condamné à Paris pour avoir battu sa compagne enceinte. »

Aïcha Kadhafi est aussi celle qui a fait partie des avocats de Saddam Hussein, entre autres clients ; elle est donc habituée à défendre l’indéfendable.

En même temps temps que la fille du dictateur s’exprimait, une lettre ouverte a été écrite à l’attention du fils aîné, Saif al-Islam Kadhafi par Alaa al-Ameri , économiste et écrivain britannique-libyen avait déjà témoigné dans une tribune du journal « The Guardian » de sa désillusion concernant ce fils qui promettait un bel avenir à la Libye.

Alaa al-Ameri raconte pourquoi il ne fait plus confiance à la famille Kadhafi, notamment à ce fils qui s’était transformé en homme menaçant et haineux.

« Certains disent que nous devons « ouvrir la porte au « patriote » Saif al-Islam Kadhafi. Après toutes les épreuves subies par ma famille, je ne peux présager que le pire.

Saif al-Islam,

Je suis trois ans plus jeune que vous. Ma famille a été obligée de quitter la Libye en raison de l’habitude de ton père, de punir ceux qui le contredisent ou de les torturer à mort dans des conditions que la plupart des gens sains d’esprit préférerait ne jamais imaginer.

Un de mes plus anciens souvenirs de la vie en Libye est que je regardais des dessins animés à la télévision un après-midi et qu’ils furent interrompus sans avertissement pour nous montrer les images d’un homme venant d’être pendu dans, d’après ce que je crois me souvenir, un centre sportif . Les partisans de votre père rivalisaient pour balancer ses jambes qui luttaient encore.

Pendant longtemps, j’ai choisi d’interpréter le comportement de ces sociopathes comme une forme de pitié désespérée – Je me suis convaincu qu’ils essayaient de limiter les souffrances de la victime. Il a fallu de nombreuses années avant que je comprenne qu’ils essayaient, en fait, de capter l’attention de votre père. Ils voulaient prouver qu’ils étaient assez impitoyables et implacables pour être considérés comme de vrais disciples du culte narcissique de votre père. Fidèle à ses habitudes, votre père a récompensé des gens comme Amr Ben Huda et Moussa Koussa en leur donnant pouvoir, richesse et impunité.

Si je me souviens de ces choses, je me demande comment vous avez appris à interpréter la brutalité dont vous avez été témoin et avec laquelle vous avez grandi. Je ne peux vous blâmer pour les crimes commis votre père avant votre naissance et au cours de votre enfance. Je ne suis pas psychiatre mais je suis presque certain qu’être élevé par un homme pour qui assassiner faisait partie des activités quotidiennes ne peut pas être considéré comme une éducation saine.

Je peux donc vous donner le crédit d’être le seul membre de votre famille à avoir jamais exprimé une prise de conscience qu’il existe, dans le monde, une chose telle que la dignité humaine ; votre prise de conscience semblait basée sur votre désir que le pays dont vous avez hérité serait brillant, nouveau et moderne.

Si vous avez grandi dans la richesse et de la sécurité, j’ai regardé mes parents lutter pour élever mes frères et sœurs et moi, dans un pays étranger, loin de ceux qu’ils avaient aimés et dont dépendait toute leur vie. Quand votre chauffeur et vos gardes du corps vous amenaient à l’école, mon frère et moi avons appris à varier le parcours qui nous menait à la nôtre de façon à veiller à ce qu’aucun des hommes de votre père ne nous ait suivis.

Bien que je sois assez chanceux d’avoir encore mes parents, je me souviens de la douleur d’un ami d’enfance dont le père a été assassiné par des voyous commandités par votre famille. Je me souviens de son père comme étant doux, accueillant et drôle. Je me souviens qu’il a gagné la confiance des gens parce qu’il était honnête, chaleureux et sympathique. Je me demande si vous connaissez la signification de ces mots. Je sais qu’il aimait tendrement sa famille et avait été contraint à l’exil pour avoir commis le crime de dire ce qu’il pensait. Il n était pourtant pas une menace pour vous ou votre famille, cependant, il a été assassiné en votre nom.

Je me souviens de toutes ces choses quand j’entends des gens faisant valoir que vous devriez avoir un rôle de premier plan en Libye sur le terrain de la démocratie. Je me demande comment vos champions et vous envisagez la démocratie, en réalité. Votre ancien associé, Benjamin Barber, dit que nous devons “ouvrir la porte” au «démocrate» et «patriote» qui sont en vous.

Je n’ai, moi-même jamais exigé de quiconque que me soient ouvertes de telles tribunes comme on l’a fait pour vous. J’ai appris, avec l’expérience, que le respect des autres êtres humains est la seule façon pour moi de gagner le droit de vivre parmi eux. Vos défenseurs et vous n’avez pas conscience du fait que ceux qui sont attirés par le respect des droits des hommes ne sont souvent pas autorisés à vivre librement dans une société civilisée à cause de vous.

Votre défenseurs semblent désireux de trouver les moyens de vous absoudre et de blâmer vos victimes par un bain de sang que vous nous avez promis en cas de désobéissance. J’ai du mal à imaginer ce qu’ils entendent par « démocrate » pour parler d’une personne qui tue ceux qui ne veulent pas s’incliner devant lui. Ou comment le mot « patriote » peut être appliqué à un homme qui gaspille la richesse qui ne lui appartient pas alors que la moitié des Libyens vit avec moins de 2 dollars par jour.

Soyons généreux à votre égard, cependant, et prenons au sérieux l’affirmation selon laquelle vous êtes tiraillé entre votre famille et votre pays. Permettez-nous aussi de ne pas croire qu’une seule cour de justice sur la planète accepterait que la défense d’un homme complice d’avoir assassiné en masse serait : « mon père m’a dit ».

Les dernières semaines ont démontré que bon de nombre de Libyens avaient beaucoup plus à perdre que vous qui faites le choix entre la famille et le pays, qu’ils étaient des jeunes hommes sans le sou luttant contre les brigades de vos frères lourdement armées ou Iman al-Obeidi qui a risqué sa vie pour dénoncer la violence qu’elle a subi aux mains des forces de votre père, ou encore Moussa Koussa, l’homme qui a terrorisé mon enfance et abandonné sa famille pour faire défection à votre père. Qu’est-ce qui ferait que votre sacrifice serait plus grand ou plus digne de considération que les leurs ?

Aucune porte supplémentaire ne doit ouverte pour vous. Vous n’aviez rien de spécial ; vous pouvez choisir de sortir par la même porte que le reste d’entre nous ou vous pouvez choisir de protéger le privilèges et la puissance auxquels vous êtes habitués. Il n’y a pas d’autre choix.

J’ai grandi dans la peur de votre père et de votre famille mais je n’ai plus peur maintenant. Si vous choisissez de continuer à rejeter nos droits en tant qu’êtres humains, en ce qui me concerne, je continuerai à vous combattre avec tous les moyens à ma disposition aussi longtemps qu’il le faudra, jusqu’à ce que nous soyons libres.

Mais j’ai un avantage. Mon but est la liberté pour mon pays et mon peuple, un but qui sera atteint même si je en suis plus là pour le voir.

Votre but à vous est votre patrimoine personnel et le pouvoir qui mourront avec vous. »

The Guardian

A lire sur C4News

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LIEN : Lettre ouverte à Saif al-Islam Kadhafi par Alaa al-Ameri

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Quel pays pour accueillir Kadhafi ?

Par QUENTIN GIRARD

(Maxime Bodereau)

L’administration américaine réfléchirait à une issue diplomatique pour le conflit en Libye, selon le New York Times. L’hypothèse privilégiée serait un exil du dictateur vers un pays africain.

Problème: Kadhafi est susceptible d’être poursuivi par la Cour pénale internationale, notamment pour l’attentat contre le vol 103 de Pan Am, survenu en 1988 au-dessus de l’Ecosse, sans oublier les atrocités commises dans son pays. Il faut donc lui trouver un pays qui ne soit pas signataire du Statut de Rome de 1998, qui créa la CPI. Les Etats qui l’ont signé s’engagent en effet à participer aux enquêtes, arrêter et extrader les personnes poursuivies (consultez le PDF du statut de Rome ici, spécialement le Chapitre IX). Si jamais Kadhafi allait dans un pays signataire, il risquerait d’être arrêté et d’être expulsé vers La Haye pour être jugé à tout moment.

Sur le continent africain, 21 pays (et la Libye) n’ont pas signé cette convention. Parmi eux, certains peuvent sans doute être éliminés d’office, étant donné le contexte politique actuel. La Côte-d’Ivoire doit déjà se débrouiller avec Gbagbo. L’Égypte a toujours Moubarak en villégiature à Charm el-Cheikh. Même histoire pour la Tunisie. Pour René Otayek, enseignant-chercheur à Sciences Po Bordeaux, spécialiste de la Libye et des questions africaines, «la liste est extrêmement réduite. Toutes les pistes possibles il y a trois mois sont aujourd’hui sujettes à caution.Ces pays sont eux-mêmes confrontés à des mouvements de contestation.» Pour la Tunisie, par exemple, Kadhafi ayant soutenu publiquement Ben Ali, cela pourrait être très mal reçu par la population. «Accueillir Kadhafi en ce moment, au niveau du symbole, ce n’est pas bon du tout», estime René Otayek. Pour Said Haddad, enseignant-chercheur au Centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan spécialiste du monde arabe, «l’exil de Kadhafi est une question piège. Il faut trouver des pays qui soient assez forts pour ne pas être destabilisés par son arrivée, ce n’est pas évident».

L’Algérie a ainsi sans doute trop fort à faire avec sa population en ce moment pour accueillir ce voisin encombrant et on imagine mal le dictateur être envoyé dans un pays aussi instable que la Somalie. Du côté du Maroc, Mohammed VI est engagé dans des grandes réformes et les relations ont souvent été excécrables entre la monarchie marocaine et le leader libyen. «Il arrivait à Kadhafi “pour ne pas se salir” de porter des gants avant de serrer la main du roi du Maroc», raconte Karim Bitar, chercheur associé à l’IRIS, l‘Institut de Relations Internationales et Stratégiques.

Le Soudan, la Mauritanie, le Zimbabwe

En retirant de la liste ces quelques pays, il reste encore 15 pays. Plusieurs facteurs sont ensuite à prendre en compte:

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LIEN : Quel pays pour accueillir Kadhafi ?

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